DOPAGE
D O P A G E

………« On a parlé de dopage avec Kevin lors de notre dernier entraînement au stade. Il m’a décrit un paysage de différents produits de base qui ne rentrent d’ailleurs pas dans le champ de la tricherie mais plutôt de la santé. Juste pour se sentir bien et prévenir toute carence physique.
- A mon humble avis, il est normal que le sportif veille effectivement à remédier aux carences physiologiques que lui crée un entraînement intensif. Quelques compléments sont les bienvenus pour maintenir son métabolisme ! Mais parfois, on cherche à aller plus loin, pour être encore meilleur que soi-même en quelque sorte.
- Une sorte d’extase, au sens étymologique, c’est à dire sortir de soi. C’est être en décrochage par rapport à la réalité et à se propre personnalité. Le premier sportif qu’on cherche à vaincre c’est soi-même !
- Oui, sauf que certains rêvent avant tout d’être meilleurs que les autres ! A savoir sa bande de copains lors des sorties du dimanche, son club lors des compétitions locales, son pays pour les sportifs de haut niveau, le monde pour les meilleurs de tous.
- Et l’olympe pour les quasi dieux ! ironisa Marc.
- Si tu veux, en fait je crois que cette volonté de puissance est exacerbée dans la société contemporaine, même si cela a toujours plus où moins existé selon les époques et les sociétés. »………….
Quelques informations en vrac…

LES STIMULANTS comme les amphétamines et la cocaïne ne procurent pas de l’énergie supplémentaire à l’organisme. Au contraire, ils stimulent le cerveau pour qu’il libère plus d’énergie que d’habitude. Si la consommation est répétée, l’organisme s’épuise. Ils perturbent l’affectivité et l’humeur, provoque une excitation du psychisme et des facultés intellectuelles (mégalomanie, sentiment de puissance, sentiments de bien-être et d’euphorie).
LE “POT BELGE” mélange détonant révélé dans des affaires de dopage dans le milieu cycliste, est un mélange d’amphétamines, d’héroïne, de cocaïne, de caféine, éthanol, aspirine et autres produits stimulants ou antalgiques.

LA COCAÏNELors des six jours de cyclisme à New York en… 1899, les coureurs étaient tellement intoxiqués par la cocaïne que leur visage exprimait la folie.
« Le 13 juillet 1967, le Britannique Tom Simpson s’écroule sur les pentes du mont Ventoux, à 36 ans, en pleine étape du Tour de France, terrassé sous l’effet combiné de l’abus d’amphétamines et de la forte chaleur. Quelques mois plus tard, le Comité international olympique (CIO) publie la première liste des substances interdites (amphétamines, stimulants et analgésiques narcotiques) (…). Depuis, la liste des produits prohibés s’est étoffée, mais aussi celle des sportifs disparus prématurément.

1998. La sprinteuse américaine Florence Griffith-Joyner décède à 38 ans d’une attaque cérébrale durant son sommeil. L’autopsie, comme très souvent dans les cas de mort subite, ne permet pas de faire le lien avec une éventuelle consommation de produits dopants. Cependant, les performances hors normes de “Flo-Jo”, détentrice depuis 1988 de deux records du monde inaccessibles (…), et sa transformation morphologique avaient alimenté les soupçons sur une préparation à base de stéroïdes anabolisants. Or leur administration favorise le risque d’attaque cardiaque ou cérébrale en augmentant le taux de cholestérol.
2001. L’ancien recordman du monde du 10 000 m, Richard Chelimo, meurt à 29 ans d’un cancer du cerveau. “Dans les années à venir, beaucoup d’athlètes vont mourir à cause du dopage, réagit le double champion olympique marocain, Hicham El Guerrouj, après la disparition du fondeur kényan. (…)”
En 1990, la fédération néerlandaise de cyclisme avait ouvert une enquête après les morts suspectes, par arrêt cardiaque, de sept de ses coureurs dont celles de Johannes Draaijer, à 27 ans, de Connie Meijer, à 25 ans, médaillé bronze aux mondiaux de 1987, et de Bert Oosterbosch, à 32 ans, vainqueur de trois étapes du Tour. Les autopsies n’avaient rien révélé, mais la veuve de Johannes Draaijer (…) avait affirmé que son mari prenait de l’érythropoïétine (…) et souhaité que sa mort serve d’avertissement. (…) Très prisée des sportifs parce qu’elle permet d’améliorer (…) les capacités d’endurance, [l’EPO] majore les risques d’accidents cardio-vasculaires en rendant le sang plus épais. Dans un article du New England Journal of Medecine, le docteur Allan J. Ersley expliquait, dès 1991, que la prise d’EPO par les athlètes pouvait être “responsable de thromboses mortelles”.
Les morts suspectes ne concernent pas que des cyclistes. En Italie, le procureur adjoint de Turin, Raffaele Guariniello, qui s’est rendu célèbre en enquêtant sur les pratiques pharmacologiques de la Juventus, mène depuis plusieurs années une étude épidémiologique sur les joueurs du Calcio. Sur 24 000 footballeurs ayant évolué en 1re, 2e et 3e division entre 1960 et 1990, le juge a répertorié 400 décès et en a jugé plus de 70 suspects. Parmi ces morts suspectes, l’étude relève un nombre anormalement élevé de leucémies et de cancers du foie, du pancréas ou du colon. Des maladies que favorise la prise de stéroïdes anabolisants ou d’hormones de croissance. L’étude a également mis en évidence la forte proportion de joueurs atteints de sclérose latérale amyotrophique (SLA), une pathologie neurologique qui entraîne une paralysie progressive des muscles.
Selon la recension effectuée par Raffaele Guariniello, plus de trente footballeurs sont morts de cette maladie. Ainsi de l’ancien joueur de la Fiorentina, Giuseppe Longoni, décédé en mars, à 63 ans, ou de l’ancien défenseur de la Sampdoria de Gênes, Gianluca Signorini, disparu en 2002, à 42 ans.
Dans un article publié dans la revue Lancet Neurobiology en 2003, des chercheurs italiens suggèrent qu’une activité physique intense associée à la prise abusive de médicaments peut expliquer le développement de la SLA chez les footballeurs. Une piste prise au sérieux par le procureur adjoint de Turin, qui teste actuellement sur des rats de laboratoire les cures médicamenteuses administrées aux joueurs entre 1960 et 1990. »
Source : Dopage : le danger de mort 29/09/2006 - Le Monde - Stéphane Mandard